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Thème 2- La prise de vue (1)

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Sujet 1- Les réglages de prise de vue

Les appareils photos numériques offrent à leur utilisateurs un certain nombre de réglages de prise de vue afin d’obtenir une image de qualité.

  La focale

Coefficient multiplicateur de la focale en fonction du capteur
Coefficient multiplicateur de la focale en fonction du capteur

Les exemples de focales sont toujours données en équivalent 24x36mm. Les coefficients multiplicateurs et les focales équivalentes en fonction de la taille des capteurs sont donnés par l’image 1 (se référer au manuel de son appareil pour obtenir la taille du capteur)

La plupart des APN sont équipés de zoom. Les hybrides et les réflex peuvent être équipés d’objectifs à focales fixes, dont la qualité optique est en général meilleure que celle des zooms (voir page sur les optiques).

Que ce soit avec un zoom ou avec des objectifs que l’on greffe sur l’appareil, la focale à utiliser lors d’une prise de vue est fonction du sujet et/ou de la distance à laquelle il se situe.

En général on utilise une courte focale (inférieure ou égale à 35mm) pour les photos de paysage, qui nécessitent de couvrir un champ assez large. Il en est de même de la photo de rue, afin de disposer d’une profondeur de champ importante et de situer les sujets photographiés dans leur environnement urbain. Le portrait se pratique en général avec une focale moyenne, de l’ordre de 80 à 100mm, pour s’éloigner un peu du sujet afin qu’il reste naturel tout en l’isolant du fond. Les photos de sport demandent des focales assez longue (200mm et plus) car on ne peut pas toujours s’approcher du sujet. Les longues focales (300mm et plus) sont utiles pour la photo animalière, pour éviter de déranger ou de faire fuir les animaux.

Sur les APN compact, le coefficient multiplicateur (rapport entre la plus longue focale et la plus courte) est un argument commercial, au même titre que le nombre de photosites du capteur, mais cette course à la performance se fait au détriment de la qualité des optiques et de la simplicité d’utilisation. Un rapport de 10X (par exemple 24-240mm) est largement suffisant pour un compact à petit capteur. On peut aller à 20X (24-480mm) avec un bridge, mais on est déjà à la limite du raisonnable. Les zooms sont en général de mauvaise qualité aux longues focales et peu lumineux compte tenu des contraintes de fabrication de ces optiques. Il vaut mieux privilégier les zooms lumineux (F2.8 ou moins) que les trop longues focales. Certains APN expert ont des zoom du type 24-70mm mais ils ouvrent souvent à F1.8 ou moins. Leurs performances sont bien meilleures que des compacts équipés de zoom XXX dont la qualité est sacrifiée au service d’arguments commerciaux fallacieux.

   L’exposition

relations entre les réglages d'un APN et conséquences sur la qualité des photos
Image 2

L’exposition détermine la quantité de lumière qui parvient au capteur. La quantité de lumière est gérée par un couple de paramètres indissociables : l’ouverture et la vitesse, qui sont les réglages de prise de vue les plus importants. Le réglage de la sensibilité du capteur joue également sur le couple ouverture-vitesse (voir § Et la sensibilité alors). Les relations entre ces trois paramètres et leurs conséquences sur la qualité de la photo sont donnés par l’image 2.

L’ouverture

L’ouverture est réglée par le diaphragme de l’appareil depuis l’ouverture maximale (Voir article sur les  optiques) permise par l’optique (F2.8, F4,…) jusqu’à une valeur minimale de l’ordre de F22. La quantité de lumière diminue avec l’augmentation de la valeur de l’ouverture. Elle diminue en fait de moitié à chaque « cran standard » du diaphragme (F2.8, F4, F5.6, F8, F11…). Cette notion de « crans standards », gérés autrefois par une bague crantée située sur l’optique, n’est plus aussi courante avec les appareils numériques qui utilisent souvent des valeurs intermédiaires. Mais le principe de diminution de la lumière avec l’augmentation du chiffre de l’ouverture (donc avec la diminution de l’ouverture) reste bien sûr réelle.

L’ouverture conditionne également la profondeur de champ (zone de netteté de l’image), qui augmente avec le chiffre de l’ouverture (image 2).

La vitesse

La vitesse de prise de vue s’exprime en centièmes de seconde. Elle détermine le délai pendant lequel la lumière frappe le capteur. Logiquement, pour une ouverture donnée, plus la vitesse est élevée, plus la quantité de lumière qui parvient au capteur est faible. Cette quantité diminue proportionnellement à l’augmentation de la vitesse : elle est 2 fois plus faible au 100è de seconde par rapport au 50ème, quatre fois plus faible au 200ème de secondes, etc…

Tout l’art du photographe est de jongler avec ces deux paramètres pour les adapter au sujet photographié.

Nous avons vu précédemment que l’ouverture détermine la profondeur de champ. Pour avoir une bonne profondeur de champ, il faudra donc travailler avec une ouverture réduite (F8-F11 par exemple) donc nécessairement à une vitesse plus faible qu’avec une plus grande ouverture, donc en prenant parfois plus de risque de bougé (Image 2). Si le sujet est en mouvement, il faudra utiliser une vitesse élevée, donc tolérer une profondeur de champ plus étroite, et donc un risque de photo flou.

Les modes de mesure de l’exposition

Zones de mesure de l'exposition
Image 3

Dans les modes automatiques ou semi automatiques, l’appareil détermine lui-même la quantité de lumière transmise par le sujet photographié et règle en conséquence l’exposition.

Les APN permettent de régler la zone de la photo qui sera prise en compte pour évaluer l’exposition nécessaire (image 3):

  • La mesure multizone : la lumière est mesurée en moyenne sur l’ensemble du sujet. C’est en général le mode de mesure par défaut. Il permet d’obtenir de bonnes photos sur des sujets uniformes, comme un paysage ou un bâtiment. Il est fâché avec les contrejours ou les sujets à forts contraste dont il sous exposera ou sur exposera une partie (obtention de zones sombres ou claires sans détail)
  • La mesure pondérée centrale : la lumière est toujours mesurée sur l’ensemble de la scène, mais l’ouverture obtenue donnera un peu plus d’importance à la zone centrale de l’image. Ce mode est à utiliser lorsqu’un le sujet photographié est plus important que son environnement (portrait. fleur, animal, bâtiment isolé, …)
  • La mesure spot : la mesure se fait sur une zone très concentrée, soit au centre de l’image, soit sur certains appareils à l’endroit où l’utilisateur choisit de faire la mise au point. Elle est adaptée aux scènes en contre jour ou pour un sujet placé dans un environnement très sombre ou très clair (un portrait devant une fenêtre par exemple)

Sur les APN compacts, ces modes sont accessibles via les menus. Dans ce cas, compte tenu des contraintes d’accessibilités des menus, on choisira plutôt en base la mesure pondérée centrale. Sur les appareils plus évolués (hybrides, réflex) ces modes sont plus facilement accessibles via des boutons ou un Qmenu (menu d’accès rapide). Dans ce cas l’utilisateur a plus de latitude pour adapter le mode d’exposition au contexte.

Mémorisation de l’exposition

En mode mesure pondérée centrale ou spot, il est possible de mémoriser l’exposition sur le sujet principal, de modifier le cadrage en conservant ce réglage et de prendre la photo avec la valeur mémorisée. Pour cela on fait le point sur le sujet en appuyant sur le bouton de déclenchement à mi-course, on cadre pour positionner le sujet où il doit être et on enfonce complètement le bouton. Le sujet sera ainsi correctement exposé et net même s’il est en dehors de la zone centrale.

Correction de l’exposition

Compensation d'exposition
Image 4

Sur beaucoup d’APN (hors les compacts de base) l’utilisateur peut corriger l’exposition par rapport à celle préconisée par l’appareil. Il peut ainsi tenir compte d’un contrejour trop violent qui aurait induit une mesure erronée, ou corriger un appareil qui aurait tendance à surexposer (image claire) ou sous exposer (image sombre) les photos. Cette correction se fait en général par un bouton aisément accessible (parfois trop et on peut le modifier par erreur) qui applique une correction réglable exprimée en IL (Indice de lumination) ou EV (Exposure value). Lorsqu’on augmente l’exposition de un IL, on double la quantité de lumière (donc dans un contrejour on éclaircira la partie sombre), et inversement si on diminue de 1IL on divise par 2 la quantité de lumière (donc dans un contre jour on assombrira la partie trop claire). La marge de manœuvre est en général de ±2IL (image 4).

Et la sensibilité alors ? (ajouter images bruitée)

Bruit numérique
Image 5

Autrefois en argentique, on pouvait utiliser des films de sensibilité différente, de 50 ISO (ou ASA) à 400 ISO. Les capteurs d’APN ont une sensibilité nominale donnée, en général de 100 ou 200ISO. C’est à cette sensibilité qu’ils donnent la meilleure qualité de photo. Mais les techniciens ont trouvé le moyen d’augmenter la sensibilité des capteurs en amplifiant électroniquement le courant électrique généré par l’impact des photons de lumière sur le silicium des photosites.

Ce dispositif permet de diminuer l’exposition nécessaire, donc de faire des photos dans des conditions de lumière moins favorables. Toutefois il a ses limites : l’amplification du signal du capteur entraîne l’ajout d’un « bruit électronique » (image 2) que le processeur de l’appareil photo va interpréter comme faisant parti du sujet photographié et qu’il va traduire sous forme de tâches colorées, notamment dans les zones d’ombres (parce que dans ces zones, le courant fournit par les photosites est faible et donc que le bruit « prend le dessus » (on parle de rapport signal-bruit dégradé). Les petits capteurs ont des petits photosites, donc un petit signal. Le bruit va donc plus les affecter que les grands capteurs. Avec un APN compact à petit capteur, il ne faut guère espérer obtenir de bonnes photos au-delà de 400-800 ISO, alors que certains capteurs 24×36 permettent de photographier avec une bonne qualité d’image à 3600 ISO voire plus.

La plupart des appareils photos intègrent, via les menus, une fonction de réduction du bruit (uniquement sur les JPEG) dont l’utilisation se fait au prix d’un lissage des détails. La correction du bruit peut également se faire de manière plus ou moins efficace en post production.

Les modes automatiques et semi-automatiques de mesure de l’exposition

Modes réglages APN
Image 6

La plupart des APN sont équipés d’une molette qui donne accès à différents modes d’évaluation de l’exposition (Image 6):

  • Le mode iAUTO : c’est le mode automatique par excellence. L’APN détermine lui-même les valeurs d’ouverture, de vitesse et de sensibilité en fonction de la scène photographiée grâce au logiciel interne de l’appareil. L’utilisateur ne dispose d’aucune possibilité d’intervention sur ces paramètres. Seul contrôle qu’il puisse effectuer via le menu de l’appareil: la sensibilité maximale qu’il autorise à l’APN d’utiliser. Ce contrôle est utile sur les compacts à petits capteurs qui ne tolèrent pas une hausse excessive de la sensibilité
  • Le mode P : mode programme. L’appareil règle l’exposition en utilisant une ouverture et une vitesse, mais l’utilisateur peut décaler ce couple pour l’adapter au sujet : il peut diminuer l’ouverture (et donc la vitesse diminuera également) pour obtenir une plus grande profondeur de champ. Ainsi un réglage P de F2.8 x1/200ème de secondes deviendra un F5.6 x 1/50ème de secondes : l’exposition reste la même mais l’ouverture est plus faible. Inversement pour un sujet en mouvement, l’utilisateur pourra augmenter la vitesse, mais l’ouverture augmentera également pour maintenir la même exposition : un réglage 5.6X1/50ème deviendra un F2.8X1/200ème.
  • Le mode A (ou Av) : priorité à l’ouverture. L’utilisateur fixe lui-même l’ouverture et l’APN détermine la vitesse nécessaire pour une exposition correcte. Ce mode s’utilise quand l’utilisateur veut maîtriser la profondeur de champ, par exemple en portrait ou en macrophotographie, ou utiliser son optique à l’ouverture à laquelle elle a le meilleur rendement (voir en fin d’article les sites où on peut obtenir les caractéristiques des optiques).
  • Le mode S (ou Tv) : priorité à la vitesse. L’utilisateur fixe la vitesse et l’APN détermine l’ouverture nécessaire pour une exposition correcte. Ce mode s’utilise quand l’utilisateur veut limiter le risque de photos flous avec des sujets en mouvements : photos d’enfants, de sport par exemple, ou au contraire quand on veut flouter un sujet (effet de filé sur une voiture de course, effet vaporeux sur une chute d’eau, …).
  • Le mode M: mode manuel : l’utilisateur détermine lui-même le réglage de l’exposition en fixant ouverture et vitesse. Avec les compacts, bridges ou hybrides, l’utilisateur voit sur son écran ou le viseur numérique le résultat de ses réglages et il peut les ajuster. Sur un réflex à viseur optique, l’utilisateur ne peut rien voir, sauf à mettre son appareil en mode Live View (utilisation de l’écran pour la visée). Ce mode s’utilise lorsqu’on veut à tout prix faire une photo dans des conditions difficiles (ambiance très sombre par exemple) quitte à la récupérer en post-traitement.

Nombreux sont les APN qui proposent d’autres modes automatiques correspondant à des scènes particulières, mais dans ce cas les automatismes peuvent porter sur d’autres réglages que l’exposition : couleur, saturation, netteté, …

La stabilisation

Les appareils récents sont dits « stabilisés » : un dispositif particulier permet de limiter les conséquences des vibrations de l’APN (flou de bougé) soit par voie électronique (augmentation de la sensibilité) sur les compacts de bas de gamme (en général peu efficace et créatrice de grain), soit mécanique sur l’appareil (stabilisation du capteur) , soit optique sur les objectifs (déplacement d’une lentille flottante).

Ce dispositif permet de prendre des photos nettes dans des situations où les conditions de prise de vue sont limites et nécessitent de travailler avec une vitesse faible. Leur efficacité s’évalue en « gains de vitesse », par exemple 3 vitesses : on prend une photo au 25ème de seconde alors qu’il aurait fallu 1/100ème de seconde pour faire une photo nette.

  La mise au point

La mise au point est un autre des réglages de prise de vue à maîtriser pour obtenir des photos de qualité. Elle s’effectue en général via l’autofocus (mise au point automatique) de l’appareil. Sur les appareils experts, l’autofocus est débrayable (l’utilisateur assure lui-même la mise au point en jouant sur la bague des distances de l’objectif.

Les modes autofocus

Il existe en général sur la plupart des APN des modes autofocus accessibles par une molette ou un bouton (appareils experts) ou un menu. Il s’agit :

  • du mode automatique (en général AF-A) : l’appareil détermine lequel des modes autofocus décrits ci-après est le plus approprié. Ce mode ne permet pas toujours une bonne maîtrise de l’autofocus en fonction du sujet et il est préférable d’utiliser un des deux suivants.
  • du mode ponctuel (en général AF-S) : la sélection de la mise au point lors de la pression à mi course sur le déclencheur, et elle ne changera pas lors de la prise de la photo. Ce mode s’utilise quand le sujet est statique (paysage par exemple)
  • du mode continu (en général AF-C) : la mise au point se fait en continu tant que la photo n’est pas prise. Ce mode s’utilise quand le sujet est en mouvement (enfant qui cours vers soi par exemple). Avec ce mode, il faut maintenir le sujet en mouvement dans la zone de mesure de l’autofocus (voir ci-après) jusqu’au déclenchement.

Les zones d’autofocus

Comme pour l’exposition, il est possible de choisir sur les APN la zone ou l’autofocus assurera la mise au point. Ces zones s’appellent les collimateurs autofocus. Ces collimateurs couvrent tout ou partie du champ de visée. Les collimateurs sont en général visible sur l’écran ou le viseur sous forme de petits rectangles de couleur lorsqu’on appuie sur le déclencheur à mi-course. Sur les appareils experts, il existe différent types de collimateurs : verticaux, horizontaux, en croix.

Exemple de mise au point sélective
Exemple de mise au point – très- sélective

Les APN permettent en général plusieurs réglages des collimateurs :

  • automatique : tous les collimateurs sont actifs et c’est l’APN qui choisit la zone effective de mise au point
  • dynamique :  plusieurs collimateurs sont utilisés autour d’un principal. L’ajustement de la mise au point est plus précis
  • sélectif : un seul collimateur est utilisé et ce collimateur peut être choisi avec le joystick de l’appareil. La mise au point se fait sur un point précis du sujet (par exemple un œil lors d’un  portrait ou d’une photo d’insecte- image 7), dans le cas d’une faible profondeur de champ, seule la partie du sujet correspondant au collimateur lors de la prise de vue sera nette.

 

 

 

  La balance des blancs

Le réglage de la balance des blancs est parmi les réglages de prise de vue celui qui est conceptuellement le plus difficile à appréhender. Il permet de jouer sur la température des couleurs (couleurs chaudes, neutres ou froides). C’est un réglage fin plutôt destiné aux photographes experts. Le mode automatique (en général AWB) des APN donne en général de bons résultats. La balance des blancs peut être modifiée en post traitement sur des fichiers RAW. En JPEG, la correction de la balance des blancs altère la qualité de la photo.

  Le flash

Le flash intégré des APN est en général peu puissant et ne constitue qu’une solution d’appoint pour réaliser une photo. Leur principale utilité est de « déboucher les ombres ». Ils permettent d’apporter un complément de lumière à un sujet sombre sur fond clair, par exemple un personnage devant une fenêtre.

  Compléments

Sites où vérifier la qualité des optiques (Zooms ou objectifs d’hybrides et de réflex)

  • Photozone : site allemand en anglais. Site de référence. Nombreux objectifs testés. Accès aux tests à partir d’une liste par marque. Exigences de qualité élevées. Tests très illustrés faciles à lire
  • Les numériques : site français. Moins d’objectifs testés. Moins de données techniques mais bilans intéressants

Sites de tests d’appareils photos

  • Les numériques : site français. Nombreux appareils testés. Facile d’accès et bilans complets.
  • tom’s guide : site français. Comparaison de nombreux appareils de toutes catégories

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