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Le kiwano, késaco

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Kiwano
Image 1- fruit du kiwano

Depuis que j’ai aménagé ma serre bioclimatique (voir article 1, voir article 2), j’explore plusieurs utilisations :

  • la culture de plantes locales (tomates, poivrons, aubergines) pour étaler la saison de production; les tomates ont commencé à donner mi-mai et produisent encore en cette mi-novembre
  • la culture de légumes exotiques. J’ai ainsi planté du piper lolot, du gingembre, du galanga, de la citronnelle, des pitayas, un bananier, un yuzu, deux avocatiers, un ananas … et un kiwano.

Le kiwano, un légume fruit africain

Le kiwano (ou melon cornu, concombre du kénia, metulon, nom latin Cucumis metulifer) est une cucurbitacée originaire d’Afrique (Botswana, Afrique du Sud) proche du concombre. Kiwano est à l’origine une marque déposée par des néo-zélandais en référence au kiwi. Ce nom est devenu courant pour désigner cette plante.

Chez nous, le kiwano une plante annuelle qui aime la chaleur et qui est gélive. Cette plante est coureuse et très ramifiante  et peut atteindre un fort développement, de plusieurs mètres (Image 6). En ce qui me concerne je l’ai palissée. Le fruit est ovoïde, de 10 à 15cm dans son plus grand diamètre et pesant entre 200 et 500g (Image 1). Il est couvert de protubérances épineuses qui en font son originalité.

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Image 2- Kiwano mûr
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Image 3- Intérieur du kiwano

Le fruit issu de cette plante peut être consommé vert en légume (mêmes utilisations que le concombre) ou en fruit. A maturité, l’écorce du  fruit est orange vif (Image 2) et sa pulpe vert fluo (Image 3). Il se consomme à la petite cuillère, comme le fruit de la passion (ou maracuja), coupé en deux dans le sens transversal.
Son goût est assez spécial, intermédiaire, suivant son stade de maturité,  entre le kiwi, le melon et la banane avec une fin de bouche teintée de goût de concombre. Ce goût est très doux, peu sucré et sans amertume.
La partie comestible (l’écorce le serait aussi)  est pleine de graines que l’on ne peut séparer de la pulpe translucide et donc qu’on mange également. Si on ajoute qu’il est couverte d’épines, la consommation du kiwano est une expérience …  intéressante

Ce fruit a deux avantages en plus de son exotisme :

  • il est peu calorique, riche en minéraux, notamment en magnésium, et en vitamines, notamment en vitamine E (en savoir plus sur la valeur nutritionnelle du kiwano)
  • il se conserve très longtemps (jusqu’à 6 mois) à température ambiante, ce qui en fait un fruit d’hiver.

Culture du kiwano

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Image 4- Plant et fruits de kiwano

J’ai cultivé cet été deux plants de kiwano obtenus à partir de graines,  un à l’extérieur, dans une planche avec d’autres cucurbitacées, et un dans ma serre (Image 4).

Je n’ai pas vu fleurir le plant extérieur dont le développement a été assez modéré, mais j’ai eu la surprise d’y trouver deux fruits quand j’ai nettoyé ma planche. Ils étaient verts et se petite taille (Image 5).

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Image 5- Fruits obtenus en culture à l’extérieur

Le plant hébergé dans la serre, dont le développement a été rapide et imposant, m’a posé des problèmes à la floraison. Le kiwano est une plante qui a des fleurs mâles (Image 7) et femelles (Image 8) séparées et dont la pollinisation des fleurs femelles est assuré par les insectes. Or point d’insectes dans ma serre, bien qu’elle soit ouverte en journée. Et je voyais les fleurs femelles, qui portent déjà le fruit en miniature,  tomber les unes après les autres. J’ai alors tenté la pollinisation «à la main». Je me suis mué en Maya l’abeille (sans la tenue, rassurez-vous) et j’ai frotté le pistil des fleurs femelles avec les étamines des fleurs mâles. J’ai au préalable séparé les pétales des fleurs mâles pour dégager les étamines (très petites) et j’ai utilisé plusieurs fleurs mâles par fleur femelle, ne sachant pas à quel stade de production de pollen elles étaient. Et la manip a été payante : sur un seul pied, j’ai eu environ 35 fruits dont au moins  la moitié sont, à cette date (mi novembre) arrivés à maturité. La floraison est encore abondante en ce moment, mais je ne féconde plus les fleurs, les fruits ayant peu de chance de mûrir cet hiver.

 

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Image 6- Pied de kiwano de la serre (au 15/11)
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Image 7- Fleur mâle
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Image 8- Fleur femelle

A part ce problème de fécondation, et le duvet irritant qui recouvre la plante, la culture s’est révélé aisée. Mais il faut veiller à bien maîtriser la végétation qui devient vite envahissante. J’ai réalisé les arrosages au pied tous les deux jours, et je n’ai constaté aucune maladie, même si comme toutes les cucurbitacées, le kiwano serait sensible à l’oïdium. A noter qu’en serre, il ne pleut jamais sur les plantes, et même mes tomates, qui n’ont jamais été traitées, sont encore luxuriantes et productives alors qu’à l’extérieur elles sont arrachées depuis longtemps.

A l’extérieur, la culture du kiwano semble possible en Périgord, mais il lui faut une excellente exposition et je ne suis pas sûr que tous les fruits puissent atteindre la maturité. J’en ai vu sur le marché aux potirons d’issigeac au début du mois, ils étaient petits et loin d’être mûrs. A noter qu’on peut forcer le mûrissement de ce fruit en le mettant à proximité de bananes et/ou en l’enveloppant de papier journal.

Bref, si vous voulez cultiver une plante qui surprendra dans votre jardin, essayez le kiwano. Dans un prochain article, je vous parlerai du concombre amer, tout aussi original, mais qui est plus facile à cultiver en extérieur.

Voir des fleurs du potager

 

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